Petite histoire de l'annuaire inversé

Inverser un annuaire sans inverser le cours de l’histoire

Remettons l’annuaire à l’endroit et remontons dans le temps. Nous découvrirons alors qu’il a vu le jour à la fin du XVIII siècle sous le nom de « annuaire républicain » qui était ni plus ni moins que l’autre patronyme donné au calendrier. D’autres annuaires avaient été créées précédemment mais portaient le nom d’almanach. Une version royale avait été créée en 1683 pour louis XIV et recensait la liste des administrations. Il faudra attendre quatre vingt ans pour découvrir la première édition d’un almanach des entreprises par un aumônier nommé Sébastien Bottin. Bingo ! il suffit d’attendre sagement l’invention du téléphone pour créer un annuaire sur les traces de notre illustre curé ! Pas tout à fait…

L’oncle Sam a tout prévu

C’est en 1880 que la France édite son premier annuaire téléphonique avec pas moins de deux cents abonnés – (A l’époque, retourner l’ouvrage aurait suffit à créer un annuaire inversé pour savoir à qui appartient un numéro !) Trois ans plus tard, c’est la « Wyoming Telephone Company » qui a l’idée de répertorier les professionnels dans un seul et même annuaire. A la livraison, l’opérateur téléphonique découvre à sa grande surprise que tous les exemplaires sont de couleur jaune. L’imprimeur expliquera qu’il ne disposait plus de papier blanc. Et c’est encore trois ans plus tard, toujours aux états unis, que les pages blanches feront leur apparition et distingueront les particuliers des professionnels.

L’essor de l’annuaire.

Avec le développement du téléphone, l’annuaire tel qu’on le connaît, ne cessera de prendre du poids. Il finira par devenir encombrant car séparé en deux ouvrages (blanc et jaune). Ils seront empilés dans les cabines téléphoniques publiques et posé au pied de nos meubles téléphoniques spécialement conçus pour les accueillir. Puis en 1983, en France, un nouvel appareil voit le jour : le Minitel et avec lui un numéro court magique à quatre chiffres : le 3611 qui n’est autre qu’un version informatisée de notre annuaire. Fini le papier jaune ou blanc gratuit, vive le monochrome…payant. C’était la révolution ; du moins chez les fabricants des meubles téléphoniques qui devaient agrandir le plateau d’au moins 30 centimètres carrés pour accueillir notre Minitel national. Celui-ci ne fonctionnant que par la ligne téléphonique, il devait rester proche de notre bon vieux téléphone fixe. Les foyers, les administrations et les entreprises s’équipent et l’annuaire par minitel devient un reflexe. Toutefois les recherches sont classiques « je connais le nom et je cherche le numéro de téléphone » ou « je cherche le numéro d’un plombier près de chez moi ». Il faudra attendre le milieu des années 90 pour qu’un service Minitel propose un annuaire inversé en ligne. Le besoin est immédiat et désormais le voile se lève sur la plupart des numéros non identifiés. C’est pendant les années 2000, avec la propagation de l’internet, qu’une concurrence acharnée va se disputer le marché des annuaires. Des centaines de nouveaux types de répertoires voient le jour en format digital: téléphoniques, web, généralistes, spécialisés, thématiques, géographiques, marques, professionnels etc…

Mais être répertorié dans les annuaires ne garanti pas d’être visible.

Avec la démocratisation de l’omni-internet, les particuliers et les professionnels ont redoublé d’efforts pour être présents dans des annuaires modernes appelés réseaux sociaux et moteurs de recherche. Mais noyés dans la masse, les professionnels on bien du mal à sortir du lot. L’enjeu n’est plus d’exister pour être visible mais d’être visible pour exister : No see, Nothing ! La nouvelle bataille consiste donc à être référencé et pas seulement par votre meilleur client qui dit le plus grand bien de vous. Vos futurs clients seront avant tout ceux qui vous verront apparaître en tête de liste des annuaires appelés moteurs de recherche après avoir tapé le nom de votre métier (fautes d’orthographes comprises). Et si de surcroit, vous êtes recommandé par d’illustres inconnus qui ont déposés des articles élogieux à votre encontre alors: le roi des annuaires vous deviendrez !